Newsletter 2020/1

Le 29 mars 2020, une toile exceptionnelle de Gen Paul sera mise en vente sous le marteau de Maître Borel ( étude Armor enchères à Saint- Brieuc) .
Peint en 1928, l’année où le célèbre marchand Henri Bing acheta l’atelier du peintre, ce « Violoniste » possédé, aux mains démesurées, incarne le firmament de l’expressionnisme français. La matière y est si belle qu’elle donne envie de la caresser.
« Existe-t-il encore des peintres maudits ? », se demandait Hélène Demoriane en août 1962 dans Connaissance des arts, consacrant à Gen Paul des lignes fort pertinentes , notamment celles-ci : «  Sa peinture, il la sort du plus profond de lui-même, de son ventre, de ses tripes, de son cœur. Dans des toiles oniriques et délirantes, il met l’indescriptible, l’indicible, atteignant parfois par des chemins détournés tantôt au surréalisme, tantôt à l’abstraction pure. Mais le dessin que dédaignent les peintres abstraits est la base de son travail. D’instinct, dès ses débuts, il a inventé ce graphisme hachuré, cette écriture volubile et enchevêtrée qui permettent, entre mille, de reconnaître à coup sûr ses tableaux ».
De 1923 à 1929, ce peintre autodidacte entre à tout jamais dans l’histoire de l’art. Durant cette période, selon Maurice Rheims, « il a peint quelques-uns des meilleurs tableaux du siècle »
A la fin de l’année 1929, lors d’un séjour à Madrid, ses abus d’alcool provoquent une crise de delirium tremens qui le conduit aux portes de l’au-delà. « J’ai dû réapprendre à peindre », dira Gen Paul, qui travaillera jusqu’à sa mort, en 1975.
Contre toute attente, cet immense artiste n’a toujours pas reçu la reconnaissance officielle qu’il mérite. On se plaît à rêver qu’un musée d’Etat organise dans les années qui viennent une grande exposition Gen Paul. Ce ne serait que justice…

Patrick Offenstadt
Président du Comité Gen Paul

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